
Quand on prononce le mot orchidée, on imagine les jardins luxuriants de l’orient, des fleurs qui s’installent sur les sommets des arbres des forêts tropicales .
Et il est vrai que pendant longtemps l’orchidée a été associée à une idée de richesse et de luxe.
Le mot apparaît dans la langue française au XVIème siècle et il est formé à partir du mot grec orkhys qui signifie testicules par analogie avec la forme évocatrice de leurs deux racines rondes!
Au XVIIIème siècle l’orchidée est un symbole de raffinement dans les salons de Paris et de Londres et à l’époque victorienne les orchidées se vendent à prix d’or et se propagent dans les jardins aristocratiques.
Mais les orchidées ont évidemment une beaucoup plus longue histoire: elles seraient apparues il y a plus de 100 millions d’années, à la fin du crétacé, à l’époque des dinosaures, et elles utilisaient déjà des insectes comme pollinisateurs, une stratégie qui leur a réussi puisqu’aujourd’hui on en compte 25 000 espèces.
Malheureusement de nombreuses espèces sont menacées: à Singapour, 226 espèces d’orchidées ont été découvertes et décrites depuis trois siècles et aujourd’hui 178 sont considérées comme éteintes dans le pays et seulement cinq sont encore communes.

Mais savez-vous qu’en France il y en a 160 espèces, toutes protégées? 27 sont menacées de disparition et 36 sont proches de le devenir. Nous avons eu la chance, il y a une quinzaine de jours d’en découvrir de très belles, dans le Trièves cher à Jean Giono, au pied de l’imposant Mont-Aiguille.

En l’espace de deux heures, grâce à notre neveu Damien Puygrenier qui se passionne pour elles et repère leur biotope -je vous recommande son livre « Rando-fraîcheur autour de Grenoble ». Belles balades au bord de l’eau, Vercors et Chartreuse aux éditions du Chemin des Crêtes -nous avons pu en identifier une bonne douzaine aux noms évocateurs et imagés: orchis sureau, orchis de Fuchs, orchis singe, néottie nid d’oiseau, homme-pendu, céphalanthère à longues feuilles … L’ophrys abeille est pollinisé par … des abeilles: il les attire en produisant un parfum qui imite leur odeur; mais si ça ne marche pas -même pas grave!- il a la possibilité de s’autopolliniser! Les fleurs de certaines orchidées vont jusqu’à ressembler à des abeilles femelles pour attirer les mâles qui les fécondent lors d’une pseudo-copulation.

Nous avons aussi eu la chance d’admirer la plus belle des orchidées sauvages, j’ai nommé Cypripedium calceolus, en bon français le Sabot de Vénus avec son labelle ( c’est le nom du pétale inférieur) renflé de couleur jaune.

C’est encore la bonne période pour découvrir avec un peu de patience et d’attention les orchidées sauvages les plus fréquentes comme l’orchis pourpre, l’orchis mâle, l’orchis moucheron et l’orchis militaire. Elles savent se faire discrètes et apprécient sous-bois et clairières, bordures de sentiers forestiers mais aussi prairies. Contrairement aux orchidées d’intérieur elles vivent en symbiose étroite avec des champignons du sol ( mycorhize).

Un grand merci à Éric Soudan qui a réalisé au cours de cette balade dans le Trièves ces sublimes photos: à vous d’ essayer de les identifier! Vos commentaires sont les bienvenus.
C’est également Éric qui a sélectionné quatre belles photos qui illustrent mon kaléidoscope de la semaine dernière: j’aime beaucoup celles d’Areski et d’Edgar Morin, la tête couverte d’un chapeau et semblant nous saluer de la main pour un dernier adieu.
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