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KALÉIDOSCOPES !

Fragments culturels paraissant chaque samedi matin

Kaléidoscope 362: Rediffusion augmentée de K23: Imprévisibles libellules.

   

   Je vous invite à nouveau à admirer les belles photos d’orchidées d’Eric Soudan prises au pied du Mont-Aiguille au beau milieu de mon dernier Kaléidoscope à retrouver sur ce blogue. 

.  Après les sabots de Vénus, les libellules, une autre merveille de la nature… que je n’ai jamais réussi à prendre en photo.

 J’attendais depuis plusieurs jours leur retour, comme chaque année à cette époque : nous habitons à proximité d’une mare, lieu de vie et de reproduction idéal des libellules. Elles se nourrissent de petits insectes, en particulier de moustiques et sont capables d’en dévorer une centaine par jour, ce qui n’est pour me déplaire au moment où j’écris ces lignes, cerné par leur zonzonnement.

   J’avais consacré à ces odonates, il y a près de sept ans, mon 23ème kaléidoscope que je rediffuse en cette chaude semaine de juin où j’ai pu admirer à nouveau leur vol étrange, imprévisible et fascinant: elles sont capables de virevolter en tous sens, puis de faire du surplace et même de voler en arrière:

    « J’ai toujours été fasciné par les papillons et les libellules . Plusieurs jours de suite, l’an dernier à la même époque , l’une d’elles a évolué à vive allure dans le jardin mais  je n’arrivais pas à l’observer de près jusqu’au jour où elle a eu la mauvaise idée ( pour elle) d’entrer dans la maison dont elle était incapable de sortir. J’ai pu ainsi la capturer et l’identifier: l’Æschne bleue est une vraie merveille, avec ses ailes nervurées et transparentes, sa taille imposante ( 10 cm d’envergure) et surtout la beauté de ses motifs bleus et verts . J’identifiais, grâce à Wikipedia, mon captif: un mâle avec ses yeux bleus à 28000 facettes ( si, si, j’ai compté ! ) . Le lendemain j’ai cru qu’il voulait à nouveau visiter la maison , mais il s’agissait de madame, aisément reconnaissable avec ses yeux brunâtres et ses taches uniquement vertes sur l’abdomen. Monsieur et madame ont tourbillonné pendant plusieurs jours aux abords de la terrasse. Cette année, ils n’ont fait que de furtives apparitions . 


   Un article du Monde du 12 août 2018 nous permet de découvrir que les libellules migrent, comme les oiseaux et les chauves-souris.   On a équipé 14 libellules de radiotransmetteurs miniaturisés ( 0,3g). La distance moyenne parcourue est de 59 km par jour et l’une d’elle en a fait 150. Ces migrations peuvent tout de même atteindre 2000 km, et des vitesses de 50 km/heure ont été enregistrées.

   Si vous vous intéressez aux libellules ( la sonorité du mot m’enchante et sa terminaison évoque pour moi les bulles de savon, transparentes comme leurs ailes, et qui comme elles, brillent au soleil.) le livre d’ Alain Cugno ( aujourd’hui disponible en collection de poche) La libellule et le philosophe, est pour vous. »Les libellules s’en vont, quittent, vont ailleurs, et cet ailleurs est justement ce qu’elles habitent, là où elles volent, maintenant. Elles sont le détachement même. Elles ne tiennent à rien, si ce n’est à s’en aller. Elles habitent leur départ- elles sont toujours déjà arrivées là où elles ne finissent pas de partir. »   Ne vous privez pas de cette réflexion poétique, de cette méditation sur le bonheur et la liberté. Avec de très beaux dessins de libellules en prime.   Évidemment, ces belles créatures sont , comme tous les insectes, menacées aussi bien par la pollution de l’air que de l’eau . Sur 89 espèces de libellules répertoriées en France, 12 sont actuellement en danger.   On estime ainsi que plus de 75 % des insectes volants auraient disparu d’Europe en 30 ans. »
   Il n’est pas surprenant que les libellules aient inspiré les poètes, en particulier japonais qui leur ont consacré -ainsi qu’aux lucioles- de nombreux haïku:
Un piment Offrez-lui des ailesUne libellule rouge
Un haïku de Bashô… en réponse à celui, plutôt cruel d’un de ses disciples :
Une libellule Arrachez-lui les ailesUn piment 
Un autre haïku de Chigestu-ni:
Dansant sur l’eauLa libellule Que l’enfant en vain veut saisir Et ce quatrain de Victor Hugo :      La frissonnante libellule       Mire les globes de ses yeux       Dans l’étang splendide où pullule       Tout un monde mystérieux.
Je termine par cette citation d’Alain Cugno:   Ce qui nous est à tous le plus familier chez les libellules, leur vol, est aussi le plus inaccessible, le plus étranger à celui qui tente de les approcher passionnément.
                             


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