J’ai toujours éprouvé beaucoup de plaisir à me plonger dans les dictionnaires ( dont Roland Barthes disait que ce sont des machines à rêver) pour découvrir les différents sens, et l’étymologie de mots dont les sonorités m’enchantent, me font rêver ou me surprennent : pétaudière, jubilatoire, gabegie, chafouin, paréidolie, caboulot, immarcescible, coquelicot ( voir K51 ), kaléidoscope…
Connaissez-vous le sens de fuligineux, un mot dont j’aime bien la sonorité quelque peu sinueuse et qui me fait penser à une certaine fluidité. Il n’évoque pourtant pas une réalité très engageante puisqu’il vient du latin fuligo qui signifie suie. Une teinte fuligineuse évoque donc la couleur de la suie, noirâtre en quelque sorte.
On n’est pas surpris qu’Albert Camus écrive dans « La peste » que « sa bouche fuligineuse lui faisait mâcher les mots et il tournait vers le docteur des yeux globuleux. »
Le mot freluquet est attesté dès 1609 affirme le dictionnaire culturel en langue française le Robert dirigé par l’indispensable sieur Alain Rey. Il signifie au départ jeune homme de mise soignée. Mais le mot prend rapidement un sens péjoratif : jeune homme frivole et prétentieux. Un godelureau en quelque sorte! un mot encore plus ancien que Rabelais utilise dès 1552.
Baguenauder: je ne sais pourquoi ce mot me vient à l’esprit en regardant notre chienne courir dans tous les sens. La consultation du dictionnaire m’apprend que le verbe signifie « s’amuser à des choses vaines et frivoles (comme les enfants qui font éclater des baguenaudes) avec un sens proche de celui de muser. »
Le deuxième sens se rapproche de l’activité de notre animal de compagnie, puisque baguenauder signifie aussi se promener en flânant, se balader.
Baguenaude? Voilà un mot que je ne connaissais pas. Le dictionnaire m’apprend qu’il s’agit du fruit du baguenaudier, « petite gousse remplie d’air, qui éclate avec bruit lorsqu’on la presse… ». Colette parle du « baguenaudier tout tintinnabulant de cosses vésiculeuses ».
Ce qui me fait penser au silène enflé, cette plante commune qui borde les sentiers et dont on peut s’amuser à faire éclater le calice.
C’est maintenant à vous de jouer et de m’envoyer (ou encore mieux de poser en commentaire sur ce blogue pour que davantage de personnes en profitent) les mots qui vous plaisent.
Pas de kaléidoscope la semaine prochaine :
Je serai à Vincennes pour animer trois rencontres ( avec, entre autres, Ron Rash et Colum McCann dont je vous conseille vivement la lecture du dernier livre Ce qui nous frôle sous la surface) au festival America . « USA, état des lieux » c’est le thème choisi pour cette douzième édition au moment où les États-Unis commémorent le 250e anniversaire de leur indépendance.
Les heureux habitants de Vincennes ( et d’ailleurs) pourront assister à quatre jours de rencontres et débats avec une cinquantaine d’auteurs: Joyce Carol Oates, Laura Kasischke, John Grisham… et un salon du livre avec dix librairies dont Lucioles !
Tout le programme du 24 au 27 septembre est en ligne: festival-america.com .
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