J’avais annoncé dans mon dernier kaléidoscope que le prochain serait envoyé le 2 mai … mais pour une fois, je déroge à ma règle du samedi matin pour inviter les heureux habitants de Vienne et des environs à deux rencontres que j’aurai le plaisir d’animer.
Ce mardi 28 avril, autant dire demain, je serais heureux de dialoguer avec un vieux camarade libraire -certes beaucoup plus jeune que moi- que j’ai connu, au moment où il commençait à exercer ce beau métier à la librairie Quai des Brumes à Strasbourg. Philippe Fusaro a ensuite officié à Lyon à Passages avant de créer, avec sa compagne Sophie, la librairie L’oiseau siffleur à Valence il y a maintenant douze ans.
Mais Philippe, pendant toutes ces années, n’a cessé d’écrire et vous l’avez peut-être déjà rencontré à Lucioles où il est venu plusieurs fois. Son avant-dernier livre, Nous étions beaux la nuit, (publié à La fosse aux ours) avait pour cadre Rome, et le mythique « Piper Club » où la jeunesse italienne venait danser jusqu’à l’aube, un des centres du monde pour Gianni, que l’on retrouve huit ans plus tard dans Solo Tu, le 10e livre de Philippe Fusaro, peut-être le plus émouvant.
Nous sommes au début des années 80, Gianni est un dandy de plus en plus fatigué et désabusé. Et c’est au Piper Club que sa vie va basculer grâce à la rencontre avec la flamboyante Carmela qui va lui confier, le temps du concert, son petit garçon Giacomo qui s’attache immédiatement à cet improbable père de substitution.
Et lorsque Carmela invite Gianni à les rejoindre à Polignano a Mare dans les Pouilles, Gianni comprend que cette rencontre va changer sa vie.
Le livre de Philippe Fusaro, tout en délicatesse, nous entraîne dans le sillage de personnages qu’on n’oubliera pas. On s’attache à Gianni, Carmela et Giacomo et à ces rencontres de hasard qui font aimer la vie.
J’espère que vous aurez plaisir à embarquer avec nous pour ce nouveau voyage sentimental en Italie, en compagnie de Philippe Fusaro ce mardi 28 avril à 19h30 à la librairie Lucioles. Il sera accompagné de sa nouvelle éditrice indépendante Sabine Wespieser. Nous parlerons aussi avec elle du cataclysme culturel provoqué par la prise de contrôle idéologique par Vincent Bolloré des éditions Grasset.
Deux jours plus tard, ce jeudi 30 avril à 19h30 à l’Amphi, à l’invitation de CinéClap et du groupe ATTAC de Vienne, c’est à un voyage beaucoup plus dramatique que vous êtes conviés: le documentaire Welcome to Europe remonte aux racines du rejet des migrants en partant d’une histoire intime : celle du grand-père du réalisateur, républicain espagnol interné dans un camp en France. Même européens et culturellement proches, ces exilés n’étaient pas mieux accueillis que ceux d’aujourd’hui. Cyril Montana entreprend un voyage à travers l’Europe, en sens inverse du parcours des migrants, pour confronter lieux communs et réalité.
Le film insiste sur le fait que la répression coûte plus cher que l’accueil et alimente les mafias et les réseaux d’esclavage. Il est nourri de témoignages bouleversants et montre le rôle essentiel des citoyens européens qui luttent pour davantage de fraternité.
J’animerai le débat qui suivra la projection de « Welcome to Europe » , un film nécessaire contre les préjugés qui interroge notre humanité, en présence de Cyril Montana, l’un des deux réalisateurs.
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