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KALÉIDOSCOPES !

Fragments culturels paraissant chaque samedi matin

 Kaléidoscope 374: La rue tue.

                                       

    Pendant de nombreuses années, j’ai accompagné le parcours de vie chaotique de Jean-Marc, un de mes anciens élèves, de la case prison à la rue dans plusieurs villes de la région dont Vienne . Il m’a souvent parlé des conditions de vie détestables en prison, en particulier dans celle de Saint-Paul à Lyon, mais il m’affirmait que ses trois années passées dans la rue étaient encore pires.

   Chaque année depuis 2012, le collectif Les morts de la rue, créé en 2003, publie son rapport annuel. Celui de ce jeudi 29 octobre nous apprend qu’en 2025, 927 personnes sont décédées « sans chez soi ». Ce chiffre a plus que doublé en 14 ans. « La mort frappe 30 ans trop tôt » pointe le rapport, puisque l’âge moyen au décès des personnes sans abri est de 49 ans contre près de 80 pour l’ensemble de la population.

Comme le déplore le rapport « Vivre à la rue abîme inexorablement la santé physique et mentale des personnes concernées, soumises à des conditions de vie extrêmes: violence, isolement, précarité sanitaire et absence chronique de soins médicaux adaptés. Chaque année, des centaines de personnes décèdent à même la voie publique, dans des lieux isolés ou dans des structures de soins ou d’hébergement, laissant derrière elles des parcours souvent tragiques, marqués par la rupture familiale, l’exclusion sociale, la maladie ou encore la violence. »

   Les causes des décès restent inconnues pour deux morts sur trois. La violence domine (chez les 15-25 ans, 60 % d’entre eux connaissent une mort violente : homicides, noyades, suicides, intoxications) et une augmentation des décès est due au froid.

   Nous ne devons pas nous résigner à ce qui n’est pas une fatalité. Nous devons lutter contre l’indifférence de la société envers les personnes en grande précarité. Nous devons renforcer les dispositifs d’aide et de prévention. 

   Pour l’association  Droit au logement ( DAL) un toit c’est un droit! Et elle lutte pour faire appliquer la loi de réquisition sur les immeubles et logements vacants appartenant aux collectivités locales, à des administrations, à l’état, à des banques, à des compagnies d’assurance, à de gros propriétaires et à des professionnels de l’immobilier.

   Peut-on se résoudre à ce que de plus en plus d’enfants dorment à la rue en France? Leur nombre a augmenté de 10 % depuis le début de l’année 2025 et de 42 % depuis 2022. Au moment où vous lisez ces lignes, 2300 enfants (dont 514 sont âgés de moins de trois ans), dorment à la rue en France… Et tout le monde a oublié les promesses de ce gouvernement, réaffirmées il y a quatre ans de « zéro enfant à la rue ». Et l’ UNICEF qui donne ces chiffres nous dit aussi que 26 enfants sont morts à la rue l’an dernier.

   La mission principale du collectif les Morts de la rue ( ce lien vous permet d’accéder à leur site et éventuellement de faire un don) est de « rendre hommage aux personnes décédées, ayant vécu sans chez soi, afin de leur offrir la dignité qu’elles méritent ainsi que des funérailles dignes de la condition humaine. »


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