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KALÉIDOSCOPES !

Fragments culturels paraissant chaque samedi matin

Kaléidoscope 346: La tactique toc de TikTok tue.

              

    La commission d’enquête de l’Assemblée nationale dédiée aux effets psychologiques de TikTok sur les mineurs a rendu en septembre 2025 son rapport et le constat est accablant: « L’algorithme de TikTok pensé pour provoquer une addiction comportementale n’est rien de moins qu’un mécanisme qui broie nos enfants. (…) Cette plate-forme expose, en toute connaissance de cause nos enfants, nos jeunes, à des contenus toxiques, dangereux, addictifs. »

« Combien de temps va-t-on laisser TikTok et ses semblables « broyer » nos gamins et détruire méticuleusement leur santé mentale? Combien de temps va-t-on tolérer que les plateformes exposent impunément nos enfants à toutes sortes d’atteintes intolérables, comportements dangereux et contenus illicites: racisme, sexisme, sextorsion, harcèlement, pédocriminalité, alcoolisation, challenges mortifères…? » s’interrogent Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences et l’avocate Carine Ursini-Maurin qui nous rappellent que le réseau chinois TikTok est interdit en Chine au profit d’une plateforme essentiellement éducative.

   Les deux auteurs rappellent que le droit fait obligation à l’État de protéger les enfants. En réalité la loi n’est pas appliquée: « L’accord parental n’est jamais demandé: 90% des 11-15 ans sont inscrits sur un réseau social dont 33% présentent un usage intensif et 9% un usage problématique.

   Le samedi 17 janvier, la Une de Libération affichait le visage de cinq mères et titrait:

SUICIDES D’ADOLESCENTS 

                                    CINQ MÈRES TÉMOIGNENT CONTRE 

                                         « LA PERVERSITÉ DE TIKTOK »

   Ces mères attaquent en justice la plateforme chinoise, l’accusant d’avoir poussé leurs enfants à se détruire. À la lecture des quatre pages de leurs témoignages on comprend qu’aucun jeune n’est préservé: « les cinq évoqués étaient tous décrits comme « sans problème », «  raisonnables », entourés voire choyés. Ils n’étaient pas livrés à eux-mêmes, ni fragilisés dans leur foyer. Pourtant, trois d’entre eux se sont tués, par pendaison, ou en sautant d’un pont, et deux autres ont sombré dans la dépression ou l’anorexie. »

   La neurologue Servane Mouton nous rappelle que le modèle économique des réseaux sociaux, basé sur l’économie de l’attention, favorise la sédentarité, les problèmes de sommeil ( un pilier de la santé et des apprentissages) , la myopie: « Interdire aujourd’hui l’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ce n’est pas les sanctionner. C’est les protéger de produits conçus délibérément pour monétiser chaque instant de leur vie, quelles qu’en soient les conséquences. De plus, cette pression réglementaire favoriserait l’émergence d’un réseau vraiment social, éthique, respectueux de l’usager, c’est-à-dire en réalité conforme à la réglementation européenne. »

   Et Michel Desmurget insiste sur la nécessité de l’interdiction des réseaux des réseaux sociaux aux adolescents car  la construction de leur cerveau n’est pas encore achevée.

   Mais je suis convaincu qu’on ne pourra pas faire l’économie d’un véritable travail pédagogique pour expliquer dès l’école primaire la philosophie des réseaux sociaux, démonter le fonctionnement des plateformes et plus largement organiser des États Généraux sur la révolution anthropologique qu’est en train de provoquer l’intelligence artificielle générative.


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