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KALÉIDOSCOPES !

Fragments culturels paraissant chaque samedi matin

 Kaléidoscope 339: L’enfant voyageur. Une histoire camerounaise. Jean-Yves Loude et Boniface Nguelo.

 

   Le nom de Jean-Yves Loude n’est pas inconnu des fidèles lecteurs de ce kaléidoscope et certains d’entre vous ont encore en mémoire la belle expo intitulée Fêtes himalayennes, les derniers Kalash (voir K26 sur ce blogue ) au musée des Confluences d’octobre 2018 à décembre 2019. Cette exposition était le fruit des huit séjours effectués chez ce peuple oublié du Pakistan par Jean-Yves Loude, Viviane Lièvre et Hervé Nègre. Si vous l’avez manquée, embarquez pour une visite virtuelle sur le site du musée. 

   Notre première rencontre avec Jean-Yves remonte à 1994, au moment où Actes Sud publie Le roi d’Afrique et la reine mer, vagabondage-enquête sur les traces du souverain malien Abou Bakari II qui, en 1311, presque deux siècles avant Christophe Colomb, a pris la mer à la tête d’une flotte de 2000 pirogues et mis le cap sur le soleil couchant…

    Le dernier livre de Jean-Yves Loude se déroule lui aussi en Afrique mais au XXème siècle: L’enfant voyageur est sous-titré « Le drôle de destin d’un intrépide aventurier camerounais ». Ce récit picaresque nous embarque à la poursuite de Boniface Nguelo qui se présente lui-même comme un enfant voyageur d’origine Bamiléké, une ethnie du Cameroun souvent rebelle et donc persécutée. Le chapitre intitulé « Le jour du grand massacre » rappelle un épisode horrible de la françafrique de Foccard sous le règne de de Gaulle qui impose le sinistre Ahidjo, président fantoche: en 1960, des milliers de Bamilékés seront exécutés et décapités. 

   Mais cette traversée du siècle nous embarque aussi sur les traces de Boniface dans l’Espagne franquiste où il apprend le dessin et côtoie les stars d’Hollywood comme Jack Nicholson avec qui il va passer des soirées endiablées! 

   Je vous invite à découvrir ce dialogue entre deux voyageurs, l’un Noir et  l’autre Blanc, qui savent que la seule façon de voyager est de marcher vers l’humain… et j’aurai l’immense plaisir de dialoguer avec Jean-Yves Loude et Boniface Nguelo ce                                             jeudi 11 décembre à 19h30 à la librairie Lucioles.

   Au cours de cette soirée nous évoquerons également le livre de Farida Faryad intitulé Collection de Chagrins ( le défi poétique d’une femme afghane) adapté, sous forme poétique, par Jean-Yves Loude.

   En 2021, Farida Faryad, jeune femme de la communauté hazâra, peuple régulièrement persécuté, quitte l’Afghanistan et trouve refuge en France. C’est son cri que retranscrit Jean-Yves Loude:

« Que serait la poésie sans le chagrin ?

Et tout d’abord, le chagrin d’Afghanistan,

Pays qui danse enlacé à la Guerre

Depuis si longtemps ?

Moi je m’appelle Farida Faryad.

Farida, « l’Unique », et Faryad, « le Cri ».

Jamais ma vie si mal engagée n’aurait dû favoriser

Mes noces avec la poésie.

Vous qui me Lirez,

restez en paix, je vous le souhaite.

Apprenez seulement à vivre

avec la rumeur de nos gémissements. »

   Les deux derniers livres de Jean-Yves Loude relatent deux « voyages vers l’humain » inscrits dans l’histoire de leurs pays. Ils nous parlent de deux êtres humains accueillis par la France… au moment où notre pays risque de se transformer en terre d’écueil.


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