On ne peut pas dire que la question écologique ait été au cœur de la campagne des municipales. Et pourtant l’avenir de notre planète et de l’humanité n’a jamais été autant menacé.
J’avais consacré, en juin 2022 ( voir K192 ) une chronique à VERT, un journal en ligne indépendant et sans publicité consacré à l’écologie fondé en 2020 https://vert.eco/ . Vous pouvez vous abonner gratuitement à la version quotidienne ou hebdomadaire. Ce magazine d’éducation populaire, au sens noble du terme, sérieux sans se prendre au sérieux, n’a jamais été aussi indispensable.
« Vert » est revenu la semaine dernière sur une étude menée par le Muséum d’histoire naturelle : chaque année 1,7 million d’animaux ( susceptibles d’occasionner des dégâts) sont tués chaque année en France. Elle révèle qu’abattre ces « nuisibles » n’a aucun effet : ni sur leurs populations, ni sur les dommages qu’ils peuvent causer.
Entre 2015 et 2022, 12 millions d’animaux considérés comme nuisibles ont été tués: 4 millions de corneilles, 2,9 millions de corbeaux, 2,7 millions de renards, 1,7 millions de pies… Cette chasse représente un coût annuel de 103 à 120 millions d’euros, huit fois plus que le total des dégâts annuels déclarés de ces « nuisibles ». Trouvez l’erreur !
« Cela semble être une évidence que si l’on tue des renards ou des corbeaux, alors il y en aura moins et il y aura moins de dégâts, mais ce raccourci ne fonctionne pas, explique Frédéric Jiguet, biologiste au MNHN et auteur principal de l’étude. Si on en tue, il n’y aura pas moins de dégâts l’année d’après car les populations se régénèrent et les animaux sont très mobiles. »
Le renard -encore plus malin que le corbeau d’après La Fontaine- a la capacité de s’autoréguler, par exemple en faisant davantage de petits. L’étude montre donc que cesser de chasser les nuisibles n’augmentera pas les dégâts et coûtera moins cher à la collectivité. Il est urgent de réviser ces pratiques coûteuses et inefficaces reconduites d’année en année ( pour faire plaisir aux chasseurs? ) .
Et, cerise sur le fromage du corbeau, cette estimation monétaire ne tient pas compte des services rendus par ces animaux : les geais ( plus de 60 000 sont tués ) dispersent des glands à l’automne et participent à la régénération des forêts, les renards se nourrissent de campagnols et réduisent leurs dégâts sur les cultures.
Retrouvez l’intégralité de l’étude sur le site de « Vert » qui revendique aujourd’hui 100 000 abonnés et s’autorise régulièrement des calembours du genre « Titi et graminées« ou « À l’eau le monde » titre d’un article dénonçant des projets foutraques de dérivations de rivières en Corrèze et dans les Charentes.
. Mon kaléidoscope de la semaine dernière sur Graeme Allwright vous a beaucoup inspiré et a ravivé les souvenirs de ceux qui n’ont plus vingt ans depuis vingt ans ( pour paraphraser Serge Reggiani encore plus oublié que Graeme! ). Merci pour ces évocations à retrouver sur ce blogue . N’hésitez pas à en rajouter.
Le nom de Jean Delas vous est probablement inconnu … si vous n’êtes pas libraire ou proche du monde de l’édition. Mais si les noms de Sendak, Ungerer, Lobel, Lionni, Ponti, Corentin, Solotareff, Murail, Nadja … vous ramènent dans votre enfance ou celle de vos enfants c’est grâce à Jean Delas, co-fondateur de L’école des loisirs en 1965. Sa présence a accompagné toute ma vie de libraire et j’aimais le voir chaque année au salon du livre, parler interminablement avec lui au téléphone ou partager avec lui ses enthousiasmes … ou un bon repas!
C’est lui qui a créé en 1977, un an après la création de Lucioles, la première collection d’albums de poche. Il a été un soutien essentiel des librairies et cette grande figure de l’édition qui vient de disparaître était convaincu que les livres permettent aux enfants de se construire, de rêver et de devenir libres.
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