La mort d’un poète fait rarement beaucoup de bruit et celle de Zéno Bianu n’échappe pas à la règle. Dans ses cinquante ouvrages il aime confronter la poésie aux autres arts, en particulier la musique. Le « Manifeste électrique aux paupières de jupes », ouvrage collectif auquel il participa, secoua la poésie des années 70. Il était aimanté par les cultures d’orient et avait confectionné deux belles anthologies du haïku.
Ses écrits sont entrés en résonance avec la musique de Jimi Hendrix, de Bob Dylan et des jazzmen Chet Baker et John Coltrane.
Il était venu il y a quelques années à la librairie Lucioles et m’avait impressionné par l’intensité de la lecture de ses poèmes et des poètes qu’il admirait. Je retrouve dans ma bibliothèque la préface qu’il avait écrite pour le recueil Le ciel brûle de l’incandescente Marina Tsvétaïéva ( et dont j’avais souligné une phrase sur deux ! ) En écrivant « En vérité, son existence tout entière apparaît comme un manifeste poétique. Un manifeste, où il s’agirait, dans et par-delà le poème, d’explorer sans fin l’état de poésie comme un état de conscience accrue. Il y a là une sorte d’indignation native, continue, fondatrice devant « l’inadmissibilité du monde », que Tsvétaïéva exprime au plus vif. » Zéno Bianu exprime aussi sa propre conception d’une poésie qui refuse les conformismes et les plis des routines. « Trop de souffle en moi pour une seule flûte » écrivait Marina Tsvétaïéva.
Un extrait d’un poème de Zéno Bianu pour la route!
LE MONDE EST UN ARBRE
un arbre dressé
qui regarde les veines du ciel
un arbre perdu
qui pousse au centre du monde
un arbre éperdu
qui se couche lentement sur le lit du vent
le monde est un arbre
le monde est un arbre
et nous sommes les feuilles
de ses branches
c’est l’arbre étoilé d’anges
que vit un jour
le tout jeune William Blake
au milieu d’un champ
c’est l’arbre qui depuis toujours
regarde les amants
par la fenêtre des chambres d’hôtel
les regarde
les abrite
et les protège
(…)
ce sont
avant tout et à jamais
les oliviers de Giotto
oliviers bienveillants
frères arbres
attentifs à la descente du bleu
dans l’esprit de Saint-François
attentifs à descendre
pour mieux s’élever
descendre
au plus profond des racines
pour atteindre le fond du ciel
(…) La suite dans le recueil Le désespoir n’existe pas qui fait suite à Infiniment proche ( dans la collection Poésie / Gallimard)
Wikipédia, qui vient de fêter ses 25 ans, m’a aidé à vérifier certaines des informations de ce kaléidoscope, et de beaucoup d’autres. Pour compléter l’article que je lui avais consacré il y a un peu plus de 6 ans ( voir K71 sur ce blogue ) le nombre d’articles en français est passé de 2 150 000 à 2 700 000 et le nombre de contributeurs de 18 000 à 38 000. Wikipédia est disponible dans 341 langues… et le paradoxe est qu’aujourd’hui l’IA qui la concurrence se nourrit essentiellement de ses connaissances humaines !
La plus grande encyclopédie du monde est visitée GRATUITEMENT ( un modèle sans publicité qui fait enrager les GAFAM) par près de 500 millions de visiteurs.
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